Nos récits

Le Trail du Ventoux (Bruno Travers) le 19 mars 2017

Coucou les loulous,

 

Ça me fait plaisir de partager ici avec vous mon Ventoux. Dans ma tête et même si j'en avais pas pas le nom sur mon magnifique coupe-vent Raidlight, Il s'agissait de ma première course EPIC.

 

Même si le résultat au niveau sportif n'est pas celui à l'arrivée que j'avais ambitionné initialement (mais pas de secret sans prépa intense digne de ce nom, point de résultat), j'ai pris beaucoup, beaucoup de plaisir sur ce trail.


La météo a été magnifique : un franc soleil et temps bien dégagé m'ont permis en haut de bien profiter du panorama.
Après un départ au fusil de chasse!!! donné par un  maquisard corse perdu dans le coin, nous nous élançâmes

(putain j'vais être obligé de faire mon résumé au passé simple lol) dans les rues de BEDOIN pour rapidement parcourir les vignes locales et découvrir la surprise promise du 3ème kilomètre : un passage sur des chemins ensablés au sein d'une grande carrière mélange de sable et d'une terre assez rouge, c'est beau mais c'est chiant ! 

Les premieres côtelettes et un sable sournois qui se glisse dans la chaussette.


Ensuite ce ne fût que crapahutage et marche rapide en montée, quelques relances ceci dit à flanc de colline ou en longeant brièvement 1 ou 2 routes mais.... pour mieux remonter par de petits chemins rocailleux en forêt.
Plus on monte plus la caillasse roule sous le pied. Je marche à un bon rythme mais je regarde surtout le paysage au fur et à mesure que je m'élève. Superbe!! 

Je me sens de plus en plus petit.

14 ème klm: ravito, je profite de l'ambiance, je me fais prendre en photo, je communique mon portable, je remplis les gourdes et...comme ils ont annoncé des bourrasques à 120 klm/h là haut et -1, j'enfile ma superbe Raidlight Epic...


Ca y est, je suis un vrai EPIC.
Je pense à vous.

La montée continue inexorablement avec quelques relances possibles en faux plat entre les 13 et 15 ème kils. 

Le sol est rocailleux et tout autour de moi en forêt beaucoup de branches cassées et des cailloux partout.
Puis nous empruntons la route bitumée du Ventoux barrée aux automobilistes et je comprends rapidement pourquoi : le verglas, la glace ou la neige se sont invités ! 
Sur ma gauche un panorama à perte de vue au Nord.
J'immortalise tel un japonais, ou je me fais immortalisé et je discute avec des supporters.

Mais il me reste 3 klms de montée les pieds dans la neige avec des quelques virages tel un cycliste dans l'Alpe d'Huez.
 

Je m'élève et je m'élève puis j'aperçois ce grand phare alpin surgi de nulle part.

Là-haut, et après l'avoir entendu s'annoncer, le vent me balaie ! 
Il fait entre -1 et 1 et les bourrasques annoncées en bas à 120 klm/h, c'était pas du vent !

 

 

D'ailleurs je n'aperçois aucun cycliste au sommet de ce col mythique.

Je me pose et à flanc de col, je contemple la nature à 360 degrés. Je viens d'en finir avec la face nord, la face sud s'offre à moi.

Bon descendeur j'attaque alors comme un fou et au bout de 1 klm, je crampe grave aux cuissots !!!!
Euh...Il te reste la moitié garçon ! 
La température est soudainement remontée de quelques degrés et j'en profite pour me remettre en petite tenue. 
Je mange du salé et je bois et je repars mais en gérant...
La descente se fera d'abord sur des gros cailloux qui roulent puis par des petits singles en forêt où remontent l'odeur des pins ou des herbes de Provence. J'adoooore.

 

La suite en fait et les 15 derniers klms étaient trompeurs...Moi qui pensait que le Ventoux, c'était montée puis descente ! Lol

 

Ils ne furent qu'une succession de descentes et de montées, dans de la caillasse principalement
Une fin de trail casse-pattes pour mes pattes qui commencent à être cassées.
Je recrampe dans une descente en forêt.
Sporténine ou pas, quand physiquement tu es un peu juste pour ce genre de défi alpestre, tu prends cher.
Je temporise puis ça repart tranquillou...
Mais jamais je n'ai pu envoyer dans les descentes que j'ai gérées pour ne pas me cramer.
Tu comprends rapidement qu'il fallait le faire pour "finisher" (Oui je sais, j'adore inventer des mots...)

Les positions sont figées. Au gré des ravitos ou des photos pour moi, se doublent et se redoublent les mêmes compagnons du jour.
La dernière descente abrupte me fait mal, elle casse le peu de fibres qu'il me reste.
Je ne regarde pas ma montre, d'ailleurs je ne l'ai jamais regardée (en plus ma Garmin me ment lol), mais j'espère qu'en bas c'est l'arrivée....
Mais j'entends rien, vous savez d'habitude on entend un mec qui parle dans un micro, là ? Rien !!!
S'en suivent 2 klms de plat sur la route, un passage dans une buse où il faut être passe-partout pour être debout!! un dernier petit raidillon et la traversée d'un bois et j'aperçois l'Arche en contrebas en même temps que j'entends le speaker.

 

Je suis heureux de finir cette balade de 46 klms et 2200 m de dénivelé en 7H27.
Le temps magnifique a fait de cette course un moment encore plus sympa que je ne l'avais imaginé au départ. 

 

Un beau trail, exigeant mais en pleine nature.
Je n'avais aucune marge de folie lol, je le savais car au final pas assez entraîné, mais j'ai fini et j'ai kiffé.

Je me souviendrai de ces 46 ans

Bisous

 

Bruno

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